Interrogés au pied de la tour Urania, les passants prétendent connaître la réponse. «Il y a un restaurant au dernier étage», lance une retraitée d’un ton convaincu. «Un bar branché», déclare d‘une voix un jeune couple.
Que cette coupole abrite, à 50 mètres du sol, le plus vieil observatoire de Suisse étonne plus d’un Zurichois. Depuis plus d’un siècle, les visiteurs peuvent en effet y observer la surface de la Lune et les anneaux de Saturne. Non pas à travers une simple longue-vue; un télescope Carl Zeiss de douze tonnes et de cinq mètres de distance focale, grossissant jusqu’à 600 fois, leur permet de découvrir des mondes inconnus.
L’Observatoire Urania a ouvert ses portes en 1907. «Contrairement aux observatoires universitaires, l’Urania a toujours eu pour vocation de familiariser tout un chacun avec les découvertes de l’astronomie», explique la directrice Sarah Müller. L’idée de rendre accessible à la population les observatoires astronomiques et scientifiques revient à la Berliner Gesellschaft Urania, fondée en 1888. Auparavant, les lieux d’observation servaient uniquement à la recherche. Actuellement, quelque 4‘500 personnes en moyenne se rendent chaque année sous la coupole de l’Urania. Et l’aventure commence bien avant le début de la visite: après avoir pris l’ascenseur jusqu‘au dernier étage, les visiteurs doivent parcourir à pied le dernier bout de chemin menant à la porte grise en empruntant un escalier très étroit.
Située à quelques pas de la Bahnhofstrasse, l’imposante tour de l’Observatoire Urania est un symbole de la ville de Zurich. Aucun visiteur ne peut manquer d’apercevoir sa grande coupole. Pourtant, bien des Zurichois ignorent ce que renferme ce dôme si familier.